« Pour une enfance heureuse », du Dr Catherine Gueguen

« Pour une enfance heureuse » du Dr Catherine Gueguen, a été mon livre de chevet au cours de la semaine écoulée. L’ouvrage nous pousse à nous poser la question suivante : comment pouvons -nous élever nos enfants de manière épanouissante et bienveillante, tout en tenant compte des dernières découvertes sur le fonctionnement de leur cerveau en développement ?

Dans cet article, nous allons plonger en profondeur dans les différents chapitres de ce livre, riche en découvertes sur le cerveau de l’enfant et sur l’éducation bienveillante.

Mais, commençons, tout d’abord, par présenter Catherine Gueguen.

I – Qui est Catherine Gueguen

Catherine Gueguen est une pédiatre française, spécialisée dans le domaine de la parentalité et du développement de l’enfant. Formée en communication non-violente et en haptonomie, elle anime aussi des groupes de travail pour les médecins, sages – femmes, psychologues, éducateurs dans le domaine de l’accompagnement des parents.

Elle a écrit de nombreux ouvrages, dont « Pour une enfance heureuse » qui explore les dernières découvertes sur le cerveau et offre des conseils pratiques pour une éducation bienveillante. Son travail est largement reconnu pour sa contribution à l’amélioration des relations entre parents et enfants. En effet, celui-ci met en lumière l’importance de la communication et de la compréhension des besoins émotionnels des tout-petits.

Entrons à présent dans le vif du sujet. Quels enseignements pouvons nous tirer de son livre : « Pour une enfance heureuse »?

II – Résumé du livre « Pour une enfance heureuse »

L’ouvrage est divisé en 9 chapitres, que nous allons parcourir pour explorer en profondeur les divers aspects de la parentalité bienveillante et le lien avec les dernières découvertes sur le cerveau.

1.🌃La relation adulte – enfant

Ce premier chapitre nous plonge au cœur de la relation entre adultes et enfants. Il met en lumière les défis rencontrés, tant du côté de l’enfant que des parents. On découvre comment chacun perçoit et interagit avec l’autre. Une vision qui souligne l’importance de la bienveillance, de l‘amour et du respect mutuel.

woman holding boy during daytime
Photo by M.T ElGassier

C. Gueguen explique l’importance de l’empathie dans la relation parent – enfant, et cite, pour étayer ses propos, Marshall Rosenberg, qui a étudié les échanges empathiques et qui est fondateur de la communication non violente.

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2.🌃Le cerveau de l’enfant, un cerveau encore immature

Le deuxième chapitre plonge au cœur de la complexité du cerveau en développement de l’enfant. Ainsi, Catherine Gueguen nous dévoile les trois systèmes qu’abrite le cerveau :

  • le cerveau archaïque : aussi appelé « reptilien », qui est aussi la partie la plus ancienne du cerveau. Il gère les fonctions primaires de l’être humain et aide à manifester des comportements de survie en cas de danger.

 

  • le cerveau émotionnel, qui aide à ressentir les émotions, à réguler les instincts primaires de survie, et contribue à l’apprentissage et à la mémorisation

 

  • le néocortex, qui est à l’origine de facultés telles que la réflexion, la résolution de problèmes, la créativité ou encore l’empathie.

Durant les premières années de l’enfant, ce sont les cerveaux reptiliens et émotionnels qui sont prédominants. De ce fait, et compte tenu de la maturation progressive de son cerveau, l’enfant peut rencontrer des difficultés à contrôler et réguler ses réactions émotionnelles et affectives.

 

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Photo by Milad Fakurian

3.🌃Cerveau, affectivité et vie relationnelle chez l’enfant

Ce chapitre met en lumière les liens profonds entre le cerveau, les émotions et les relations chez l’enfant. Catherine Gueguen nous plonge dans les mécanismes complexes du cortex préfrontal, de l’amygdale et d’autres parties clés du cerveau en relation avec les émotions.

4.🌃Cerveau et stress chez l’enfant

L’auteur nous rappelle que le cerveau de l’enfant est sensible au stress. Cela peut avoir un impact significatif sur son développement et son bien-être émotionnel. Comprendre cette interaction est essentiel pour accompagner l’enfant de manière adaptée.

  • ✨L’impact du stress chronique sur le cerveau de l’enfant

Lorsque l’enfant est confronté à des situations stressantes, son cerveau est envahi par l’adrénaline et le cortisol (hormone du stress). Cette réaction, bien que nécessaire pour faire face à des menaces réelles, peut devenir problématique lorsqu’elle est fréquemment sollicitée. Cela peut affecter la plasticité cérébrale et le développement optimal de l’enfant.

  • ✨Stratégies pour atténuer le stress chez l’enfant

Selon l’auteure de l’ouvrage « Pour une enfance heureuse », il est essentiel d’identifier et d’appliquer des stratégies pour atténuer le stress chez l’enfant. Pour cela, l’empathie, la régulation des conflits, le maternage sont autant de solutions qui contribuent à réduire l’impact du stress sur le cerveau de l’enfant.

5.🌃Neurones fuseaux et neurones miroirs chez l’enfant

Catherine Gueguen explique que le cerveau de l’enfant est formée de plusieurs connexions neuronales qui influent sur sa compréhension du monde et sa capacité à interagir avec son environnement. Deux types de neurones jouent un rôle crucial dans ce processus : les neurones fuseaux et les neurones miroirs.

  • ✨Les Neurones Fuseaux : miroirs de l’émotion

Les neurones fuseaux sont des cellules nerveuses qui s’activent lorsqu’un individu observe les émotions d’autrui. Chez l’enfant, ils jouent un rôle majeur dans l’apprentissage des expressions émotionnelles et la compréhension des états affectifs des autres. Ils permettent à l’enfant d’établir des liens empathiques et d’interagir de manière sensible avec son entourage.

  • ✨Les Neurones miroirs : le pouvoir de l’imitation

Les neurones miroirs sont responsables de la capacité d’imitation chez l’enfant. Ils s’activent non seulement lorsqu’il observe une action, mais aussi lorsqu’il l’exécute lui-même. Cette capacité joue un rôle clé dans l’apprentissage moteur et comportemental de l’enfant. Cela lui permet d’acquérir des compétences pratiques et sociales essentielles à son développement.

  • ✨Pourquoi comprendre le rôle de ces neurones?
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Comprendre le rôle des neurones fuseaux et miroirs offre des pistes pour l’éducation émotionnelle et sociale de l’enfant. Encourager l‘expression des émotions, favoriser les interactions positives et fournir des modèles bienveillants d’expression émotionnelle sont autant de moyens d’enrichir ces connexions neuronales.

Stimuler les neurones fuseaux et miroirs de l’enfant revient à cultiver son empathie et sa capacité à comprendre les autres. Cela favorise des relations interpersonnelles saines et équilibrées, qui sont essentielles à son épanouissement.

6.🌃Les molécules du bien-être et de la vie relationnelle

Au cœur du fonctionnement du cerveau de l’enfant se trouvent des molécules essentielles qui régulent son bien-être émotionnel et sa capacité à tisser des liens affectifs solides.

  • ✨La Sécrétion d’Ocytocine : hormone de l’attachement

L’ocytocine, souvent surnommée l’hormone de l’amour, est libérée lors d’interactions sociales positives, comme les câlins, les sourires et les moments d’intimité. Chez l’enfant, elle joue un rôle crucial dans le renforcement des liens affectifs avec ses parents et ses proches. Elle favorise un sentiment de sécurité, de confiance et d’attachement.

  • ✨Les endorphines

Il s’agit de substances neurochimiques qui amoindrissent les sensations de peur et de stress. Elles sont sécrétées lors d’interactions affectueuses et agréables. Ainsi, par exemple, câliner son enfant augmente la sécrétion d’endorphines, et procure, de ce fait, une sensation de bonheur.

  • ✨La sérotonine

Ce neurotransmetteur stabilise l’humeur et réduit l’agressivité. Comment est-elle sécrétée? En passant des moments de qualité, par exemple, en famille.

  • ✨Pourquoi connaître le rôle de ces molécules?

Comprendre le rôle de ces molécules du bien-être permet aux parents d’adopter des comportements et des attitudes qui favorisent leur sécrétion. Des moments d’échange chaleureux, des activités ludiques et créatives, ainsi que des gestes tendres contribuent à créer un environnement propice au bien-être émotionnel de l’enfant.

7.🌃Le goût de vivre

Le goût de vivre, c’est cette étincelle qui anime chaque enfant, le poussant à explorer le monde qui l’entoure avec enthousiasme. Comprendre les mécanismes qui alimentent cette flamme est essentiel pour cultiver l’épanouissement de nos chers chérubins.

C’est ainsi que dans ce chapitre, Gueguen met en avant l’importance du système de motivation – récompense dans la vie de l’enfant. Elle souligne l’impact du jeu, du temps passé en plein air, et de l’invitation d’amis à la maison sur le bien-être de l’enfant.

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Photo by Katherine Hanlon

8.🌃La violence éducative ordinaire

Catherine Gueguen aborde ici le sujet délicat de la violence éducative ordinaire. Elle nous sensibilise sur les conséquences de ces pratiques sur le développement de l’enfant et nous invite à repenser nos approches éducatives.

Comprendre les mécanismes de la violence éducative ordinaire est, pour C. Gueguen, essentiel pour bâtir des relations saines et constructives avec nos enfants

  • ✨Déconstruire les mythes de l’autorité

L’autorité basée sur la peur et la contrainte est un vestige du passé. Il est donc essentiel de remettre en question ces schémas éducatifs dépassés et d’adopter des méthodes alternatives qui privilégient le dialogue, le respect mutuel et la coopération.

  • ✨Les conséquences de la violence éducative
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La violence, physique et morale, même sous forme de punitions « éducatives », peut avoir des conséquences profondes sur le développement émotionnel de l’enfant. Elle génère des sentiments de peur, de frustration et de désespoir, empêchant ainsi la construction d’une estime de soi solide.

9.🌃Etre parent

Enfin, dans ce dernier chapitre, Catherine Gueguen nous rappelle que l’éducation d’un enfant est l’affaire de tous. Elle souligne l’importance de l’amour inconditionnel et de la confiance dans la relation parent – enfant.

L’enfant a besoin d’espace pour grandir, de liberté pour explorer le monde et d’autonomie pour se développer.

Gueguen met en avant le fait qu’apaiser l’enfant ne signifie pas céder à tous ses désirs, mais plutôt lui offrir des repères clairs et sécurisants.

Par ailleurs, elle aborde également le concept de parentalité positive, qui prône une éducation bienveillante et respectueuse.

Father And Child Having Fun on the Beach
Photo by Emma Bauso

III – Extraits choisis

  • ✨ » Les expériences que vit l’enfant agissent profondément sur lui et peuvent modifier le développement de son cerveau » (Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »Lors des premières années de vie, l’amygdale, parfaitement mature, déclenche chez l’enfant de nombreuses réactions qu’il n’est pas capable de gérer seul.  » (« Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »Les ambiances stressantes diminuent les capacités cognitives. […] quand l’enfant a peur, il apprend mal, a de mauvaises notes, est en situation d’échec. »(« Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »[…] l’immaturité du cerveau de l’enfant, du fait d’un développement en devenir, explique ses comportements souvent déroutants quand il est petit. Connaître les raisons de ces comportements permet aux adultes […] d’avoir des attitudes mieux adaptées et de lui donner ainsi tout l’environnement affectif nécessaire à un développement harmonieux. » (« Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »Un vieil adage s’applique à notre recherche : la meilleure chose qu’un père puisse faire pour ses enfants, c’est aimer leur mère. […] Faire en sorte que nos mamans soient heureuses devrait être une priorité » (« Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »Elever un enfant, c’est se poser cette question : que souhaitons – nous transmettre à nos enfants? Quand l’enfant est frappé, le geste de frapper est reproduit dans son cerveau […] Voulons – nous lui apprendre la violence? Quand l’enfant est câliné, il apprend la tendresse. Préférons – nous lui transmettre et lui apprendre les gestes d’affection? […] L’enfant nous imite, nous lui transmettons en priorité ce que nous faisons et ce que nous sommes. » (« Pour une enfance heureuse », C. Gueguen)

 

  • ✨ »Pourquoi appelle-t-on : Agression le fait de frapper un adulte, Cruauté le fait de frapper un animal, mais Education le fait de frapper un enfant? Anonyme » (« Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen)

 

Conclusion

En refermant les pages de ce livre, je ressors transformée dans mon parcours de parentalité. En effet, je comprends mieux les réactions et le fonctionnement de mes enfants. Ce livre montre qu’être parent est un apprentissage continu.

Rappelez – vous que chaque parent, chaque enfant, est unique, et qu’il n’existe pas de mode d’emploi universel. Nous sommes tous en chemin, parents et enfants, à la découverte de nous-mêmes et des autres. La bienveillance, l’écoute, la compréhension mutuelle, voilà les piliers d’une relation qui grandit, s’épanouit et s’enrichit au fil du temps.

Que la lecture de cette pépite « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen vous inspire et vous accompagne, pour des moments de tendresse, de complicité et d’épanouissement partagés.

N’oubliez pas : prenez soin de vous et de vos loulous 🌸

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Commentaires

  1. Dieter says:

    J’ai lu avec plaisir ce rappel des explications données par le Dr Catherine Gueguen, avec lesquelles je suis tout à fait d’accord. Je ne résiste pas à la tentation de reprendre ici la forme imaginée sous laquelle je l’explique habituellement à mes petits (et en même temps grands) patients:

    “Léo et Lila sont frère et soeur. Un jour, alors qu’ils jouent dans le jardin, Lila pousse Léo qui tombe par terre. Léo se met très en colère et tire les cheveux de Lila. Leur maman arrive et les gronde : « Ce n’est pas bien de se faire mal ! Il faut être gentils entre frère et soeur ».
    Léo et Lila sont tristes d’avoir été méchants. Maman leur explique : « Vos cerveaux sont encore petits. Ils ont du mal à contrôler les émotions. Mais on va apprendre à être plus gentils ».
    Elle leur raconte que dans le cerveau, il y a des neurones miroirs. « Quand vous voyez quelqu’un triste, ils s’allument et vous avez envie d’aider. Et quand vous faites un câlin, des hormones du bonheur inondent votre cerveau. Ça aide à se sentir bien ».
    Léo et Lila décident d’être plus attentifs aux émotions de l’autre. Quand Lila est triste, Léo lui fait un dessin pour lui remonter le moral. Et quand Léo est énervé, Lila lui fait un gros câlin pour l’apaiser.
    Le soir, en regardant les étoiles, maman leur dit : « Vous avez été très gentils aujourd’hui. Je suis fière de vous. N’oubliez jamais que la gentillesse rend tout le monde heureux ».
    Ravi, Léo s’endort en rêvant d’un monde rempli de joie.”

    1. JeanneOO says:

      Quelle belle illustration imagée! Merci pour le partage!

  2. Merci pour cet article, j’avais beaucoup aimé son livre!

  3. Merci pour cet article très complet !
    La parentalité est un apprentissage continu !
    Ma plus grande a 14 ans et j’apprends encore tous les jours avec elle.

    1. JeanneOO says:

      Oui, je suis d’accord avec vous, la parentalité est un apprentissage perpétuel. Merci pour votre commentaire.

  4. Rebecca says:

    C’est tellement important ce genre de rappel quand on sait à quel point les paroles ont un impact énorme sur le developpement de l’enfant; psychiques, émotionnel, dans ses relations avec les autres dans son estime de lui lui même. La vie de parent c’est vraiment un apprentissage au fur et à mesure. Merci pour cet article

    1. JeanneOO says:

      Exactement, les mots que les adultes emploient ont une grande influence sur le développement de l’enfant. Oui, la parentalité est un parcours d’apprentissage continu. Merci à vous pour votre retour.

  5. Caroline says:

    Merci pour cet article très complet ! Je comprends mieux dès à présent les réactions de ma fille de 2 ans :), merci !

    1. JeanneOO says:

      Merci pour votre commentaire et ravie que l’article vous ait été utile!

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